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Moi Et Marianne
A vous Madame, qui êtes blottie sur le trône du Roi Pourquoi me dévisages tu avec cet air furieux ? Pourquoi t’empresses-tu de me fermer tes portes au nez Devant les faibles comme moi ? Je te vois porter les clés de tes geôles
By Youssif HALIEM Posted in Poésie on juin 9, 2018 0 Comments 7 min read
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Moi Et Marianne

A vous Madame, qui êtes blottie sur le trône du Roi

Pourquoi me dévisages tu avec cet air furieux ?

Pourquoi t’empresses-tu de me fermer tes portes au nez

Devant les faibles comme moi ?

Je te vois porter les clés de tes geôles

Et tu fais exprès de me faire entendre leurs tintements

Est-ce que tu détestes ma présence ?

Ne te fâche pas Madame

Car mes cellules s’entrechoquent

Et mes mots bégayent

Et avec ces mélodies

Les mots deviennent vides de sens et mon visage s’assombri

Et les soupirs…et les tremblements coléreux…lorsque vous assistez

Dans un silence hypocrite, ponctué de dénégations

Qui giflent ma figure et ma conscience

Qui assassinent les lettres des mots

Pourquoi le mot « vérité » n’est plus un mot ?

Pourquoi n’a-t-il plus le même sens ?

La même véracité ?

Ah !

C’est l’enfer d’un cauchemar non écrit

Car les mots sont devenus hypocrites

Ils se poudrent le visage

Ils se tortillent

Comme une vieille qui se prend pour une demoiselle

Dont les dents resplendissantes de blancheur

Cachent une odeur pestilentielle

Et dont les doux cheveux

Qui tombent jusqu’aux ongles de ses pieds

Dissimulent des rongeurs du temps gâché

Et sous les fards et le maquillage

Il y a des veines bleues dans lesquels grouillent des parasites

 

Tu me menaces de sanctions

Tu me pointes du doigt

Tu me menaces et tu me promets

Qu’un jour, un jour tu me feras des choses

Tu te levés et tu te rassoies

Tu répands ta colère comme des fantômes

Peu importe pour toi que mon corps se recroqueville

Et que je sois terrifié

Lorsque tu dis

Va-t’en, je ne veux pas de toi maintenant !

Je t’ai demandé Madame, quand veux-tu de moi ?

Avec colère et insistance

Tu me tends la main pour me pincer

Et tu m’empoisonnes d’un seul de tes mots

Et tu m’infliges des sanctions de toutes sortes

Et tu me jetés une mèche pour me bruler

Et avec un point de fer, tu massacres mes rêves

Tu les anéantis puis tu les pétris de nouveaux à ta façon

Tu fais naitre en moi un volcan

Que tu éteins en une seconde

Une mer apparait, tant mes larmes sont abondantes

Que tu effaces de tes mains

Tu me nommes d’un mot

Que tu supprimes à chacune de tes colères

Et puis quand tu me tiens la main jusqu’à me faire mal

Ecris ou n’écris pas

Signes ou ne signes pas

Car ton existence m’indiffère

C’est là que j’ai compris

Que je dois être à ton service et que tu me convoque à ta guise

Ma bien aimée, c’est ainsi que tu est, mais moi ….

 

Je suis devenu Rien. Sans adresse ni preuves

Ni un humain, ni temporalité

Je suis devenu apatride

Je suis une barque dans une mer de blessures, une barque qui ne posséde aucune ancre

Elle s’est perdue parmi les rivages de la vie et a fini par s’égarer parmi les abysses de la douleur

Je suis fatigué

Je ne sais plus qui je suis

Je me suis mis debout face à mon miroir

J’ai décidé donc

D’effacer mon acte de naissance

D’effacer mon nom et de jeter mes papiers….

 

Pardon ma chérie !

C’est toi qui est le Sujet, et je ne suis qu’un Object

Je sais que je ne suis pas assez fort pour me lever et t’affronter

Mais je ne peux me prosterner pour te baiser les mains

Je ne suis pas assez fou pour te craindre

Ni assez manipulateur pour t’amadouer

Pardon, je ne suis pas libre mais entre tes mains, je ne suis pas ton esclave

Je ne suis ni l’un ni l’autre

 

Ma bien aimée

J’ai vu ton image partout et les riches te considèrent comme une déesse

Je t’ai également vu dans les bas-fonds, des banlieues

Je t’ai vu représentée par les quatre policiers qui m’ont soulevé

Pour me poser en enfer

Et m’enfermèrent dans une cage

Ensuite ils m’interrogèrent interroger

Voulez-vous déposer une demande d’asile humanitaire ?

Est-ce qui ce qui a commencé d’une façon inhumaine peut-finir par devenir humain ?

Ensuite je t’ai vu représenté par trois juges dépourvus de toute humanité

Assis, hautains et égoïstes dans leurs fauteuils

Comme s’ils étaient trois dieux grecs

Le dieu des forces du Mal, Seth était furieux, au milieu de cette salle sacrée

Le dieu de la Mer, Neptune a noyé tous mes rêves d’enfant

La déesse de la Chasse Diana a fait de moi sa victime expatriée

Deux coups de marteau, broyèrent mes espérances et mes rêves….

 

Ma bien aimée

Ce n’est pas juste, qu’après avoir traversé toutes les frontières

Et rêvé d’humanité

Tu viennes me blesser avec ta violence

Et qu’avec force tu me jetés dans un cachot

Pourquoi ?

Tout ce que je t’ai apporté est bien plus beau

Après tout ce que tu m’as fait subir, aujourd’hui tu me rejettes

Si j’acquiesce

Tu m’humilies avec ta colère

Et si je dis la vérité

Tu fais de moi le diable et tu m’ignores

Moi chère Madame, je ne suis qu’un être humain

Je ne suis ni diable, ni ange

Ce sont tes dédales et tu cherches à m’y perdre.

 

Ma bien aimée

Faisons du passé table rase

Notre présent avant notre passé nous interpelle

Laisse-moi ma chère ne pas respecter tes lois

Laisse-moi me reposer entre tes bras

Et tenir un moment ta main droite

Et me recouvrir avec ta main gauche

Laisse-moi entremêler mes doigts dans les tiens

Laisse-moi te cajoler

Et ne demande rien

Ne me refuse pas

Et ne parlemente pas

Laisse-moi simplement exprimer mes sentiments

Laisse-moi pleurer tout mon saoul et ne sèche pas mes larmes

Ou laisse-moi partir

Vers la ville des affranchis

Qui n’existe pas

Là-bas où

Les hommes vivent sans remparts ni chaines

Là-bas où

Les pays ne portent pas de noms

Là-bas où

Tous les rêves se réalisent

 

Ma bien aimée

Je suis un enfant sans pays

Exilé qui garde la tête haute

Mon âme est présente

Aux fonds des océans et dans les gouttes de pluie et sur les couches de neiges et dans les flammes du feu. Je ne suis qu’un reste d’humain, je suis les vestiges de Cain piétiné par les talons du Temps.

 

Ma bien aimée

Lève-toi et élève-toi à la hauteur des prairies de mon amour.

Regarde-toi dans les reflets de mon visage

Quittes ton masque

Dépouille-toi de tes habits de Racisme et d’hypocrisie.

Ne fais pas de différences.

N’asservis plus

N’étouffe pas les voix

Non, milles fois non.

Milles larmes, milles cris dans les abimes des océans et dans les marchés aux hommes.

Prends ma main et regardes l’aube se lever.

Brise tes remparts

N’en rajoute pas et n’exagéré rien.

Cesse d’annone slogans appris par cœur

Des slogans dont nous sommes dégoutés et dont nous nous ne voulons plus

Cesse de démolir les valeurs que nous avons construites patiemment.

Ne met pas fin à notre relation, malgré les milles failles qu’elle contient

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